
Seltz / Tourisme
La nouvelle est tombée ces jours-ci: le conseil général, par son président Philippe Richert, a décidé de faire réparer le bac de Seltz arrêté depuis août dernier après avoir été heurté nuitamment par un bateau. Les élus de la région, tout comme leurs homologues allemands, poussent un "ouf" de soulagement.
C'est Richard Stoltz, conseiller général du canton, qui a eu le plaisir de l'annoncer à ses collègues maires de Seltz et des environs. On se souvient que les conseillers municipaux de Seltz avaient adressé récemment une motion au président du conseil général, demandant la réouverture du bac, "éminent instrument d'échanges franco-allemands et vecteur touristique irremplaçable", suivant l'expression du maire de Seltz Hugues Kraemer. Aux voix des édites de Seltz s'étaient jointes celles de collègues allemands associés dans l'association Rheinpark Pamina.
Accidenté une nouvelle fois à la fin de l'été dernier -il a connu une quinzaine d'incidents et chocs divers en quarante ans de service-, le bac a subi une expertise technique mandatée par le conseil général, son propriétaire depuis 1998, "Il faut jeter un oeil sous l'engin pour comprendre son état de décrépitude", sourit Richard Stoltz en arborant des photos de longerons mangés par la rouille! L'expertise s'est d'ailleurs conclue sur un mauvais état général du bac, des ponts flottants qui y donnent accès, des gardes-corps et des barrières-portes, le tout débouchant sur "un outil de travail obsolète qui comporte des risques certains."
Se posait donc réellement la question de sa remise en circulation: "les travaux peuvent atteindre un montant de près de 2M€, ce n'est pas rien." Il faut dire aussi que l'engin doit répondre à des normes de sécurité qu'il était loin de satisfaire. " La circulation sur le Rhin s'est sérieusement renforcée.", estime Stoltz qui évoque "des portes-conteneurs là où autrefois il n'y avait que des péniches".
Le bac de Seltz est l'un des deux derniers bacs à traille (mu par la force du courant) de France avec celui de Saint-Gilles en Camargue.
Pour autant, on ne pouvait le remplacer par un bac à moteur: l'accostage en Allemagne se fait en plein dans une réserve naturelle. Nos voisins n'admettraient pas les nuisances d'un automoteur. "Le bac à traille, estime Stoltz et avec lui deux collègues Louis Becker et Jean-Michel Fetsch, s'inscrit parfaitement dans une notion de développement durable en ce qu'il favorise une circulation douce, celle des vélos." En juin prochain, l'assemblée plénière du conseil général adoptera le plan de développement touristique. Le bac y aura sa place.
Claus Haberecht, secrétaire général du Parc Rhénan a applaudi des deux mains à la nouvelle: "C'est une décision très encourageante de la part du conseil général. Reste à nous organiser en été 2006 pour le franchissement du Rhin par les cyclistes. Ils auront à se répartir entre le pont de Beinheim et le bac de Drusenheim."
Le maire de Seltz, Hugues Kraemer, est bien sûr, fin heureux: "Le bac est une charnière essentielle entre les deux rives."
Reste à savoir quand le bac sera à nouveau opérationnel: l'été 2006 est sacrifié, qu'en sera-t-il de 2007?
Dernières Nouvelles d’Alsace, Marcel Neiss, 27.04.2006